Les influenceurs : obligations et responsabilité en Europe

  Mis à jour le  4 Mars 2026

Très présents sur les réseaux sociaux, les influenceurs qui testent, vantent, font la promotion de produits de toute sorte ont une mission : vous inciter à les acheter. Et ça marche ! Du rouge à lèvres au blanchisseur de dents en passant par des produits amincissants ou des vêtements de marque du monde entier, nombreux sont les consommateurs qui cliquent sur le lien de la marque mise en avant pour acheter le produit présenté.

Si les influenceurs sont pour la plupart payés ou reçoivent des cadeaux pour cette activité (séjour gratuit dans un hôtel, vêtements, produits de beauté…), ils n’en informent pas toujours les consommateurs qui pensent alors qu’il s’agit d’un avis personnel, spontané sans identifier clairement la promotion commerciale du produit. 

Cette pratique est-elle légale ? Quelles sont les obligations d’un influenceur vis-à-vis des consommateurs en France ? Les règles du marketing d’influence sont-elles les mêmes dans les autres pays européens ? La responsabilité de l’influenceur peut-elle être engagée en cas d’achat d’un produit non conforme ?

Qu’est-ce qu’un influenceur ?

Depuis le 9 juin 2023, la loi française définit l’influence commerciale. Est qualifiée d’influenceur toute personne « à titre onéreux, communique au public par voie électronique des contenus visant à faire la promo, directement ou indirectement, de biens, de services ou d’une cause quelconque exercent l’activité d’influence commerciale par voie électronique ».

Quelles sont les obligations des influenceurs en France ?

En France, la LOI n° 2023-451 du 9 juin 2023 visant à encadrer l’influence commerciale et à lutter contre les dérives des influenceurs sur les réseaux sociaux (1) – Légifrance (legifrance.gouv.fr) et la transposition de la Directive 2005/29/CE sur les pratiques commerciales déloyales encadrent les pratiques des influenceurs.

Les influenceurs doivent préciser que leur communication découle d’un  partenariat avec une marque ou un professionnel et qu’ils sont rémunérés pour faire la promotion des produits qu’ils présentent. Tout contenu promotionnel doit comprendre la mention « publicité » ou « collaboration commerciale ».

Cette mention peut être faite oralement, dans un texte ou via les fonctionnalités intégrées dans les réseaux sociaux (liens). Si l’influenceur mentionne le partenariat à l’oral, dans une vidéo par exemple, il doit le repréciser dans sa description dans les trois premiers hashtags associés au post.

Exemples : #sponsorisé ; #partenariat

Quelles sont les interdictions des influenceurs en France ?

Les influenceurs en France ne doivent pas porter atteinte à la dignité humaine : ne pas heurter la sensibilité de leur public, de ne pas dévaloriser une autre personne en fonction de critères physiques, radicaux ou religieux, ne pas banaliser la violence, etc. Si le contenu promu est à destination des enfants ou adolescents mineurs, ils doivent être informés que l’autorisation des parents est nécessaire. Les influenceurs ne doivent pas non plus commettre d’actes de concurrence déloyale c’est-à-dire dénigrer les produits ou services d’une marque concurrente ou d’un autre influenceur.

De plus, les influenceurs en France ont l’interdiction de promouvoir certains types de produits :

  • La chirurgie et la médecine esthétique ;
  • L’abstention thérapeutique
  • Les produits et services financiers (notamment les crypto-monnaies)
  • Les jeux d’argent et de hasard (leur publicité est interdite aux mineurs)
  • Les produits contenant de la nicotine (cigarettes électroniques, dispositifs à tabac chauffé de type « IQOS »)
  • Les abonnements à des conseils ou pronostics sportifs

En encadrant les pratiques autorisées ou non, la loi « influenceurs » en France cherche à mettre fin aux manipulations commerciales trompeuses et à mieux protéger les consommateurs qui visionnent ces contenus publicitaires, en particulier les plus jeunes.

Influenceuse beauté et mode enregistrant une vidéo
Les influenceurs doivent mentionner lorsqu'ils sont rémunérés pour faire la promotion des produits qu’ils présentent.

Les influenceurs peuvent-ils être responsables en cas d’achat non conforme ou non livraison ?

Les influenceurs qui présentent les produits ou services d’une marque partenaire sur les réseaux sociaux ne vous obligent pas à les acheter. Ils ne sont pas non plus des vendeurs puisqu’en cliquant sur le lien qu’ils vous partagent, vous êtes généralement redirigés directement vers le site ou la page du réseau social de la marque et c’est là que vous pouvez acheter le produit ou souscrire au service.

Ainsi, les influenceurs ne peuvent pas directement être tenus responsables en cas de problème avec votre commande. Si vous n’avez pas reçu votre commande ou vous avez reçu un produit défectueux, vous devez contacter le vendeur qui est le seul responsable de votre commande.

Votre seul recours contre un influenceur qui a fait la promotion d’un produit défectueux ou d’un site frauduleux est d’introduire une procédure judiciaire pour pratique commerciale déloyale ou trompeuse sur la base de la directive 2005/29/CE transposée dans chaque pays de l’UE.
Attention ! Certains influenceurs ont créé leur propre marque (par exemple de bijoux, de vêtements ou de maquillage) et donc leur société. En cas de problème lors de la commande sur leur site ou sur le produit, c’est cette société mentionnée dans les mentions légales du site qui est responsable car c’est elle votre vendeur. Conseil : contactez le service client plutôt que l’influenceur via ses réseaux sociaux.

Méfiance sur les sites pratiquant le dropshipping !

Nombreux sont les influenceurs qui vantent les produits vendus sur des sites qui pratiquent le dropshipping. Attention à ne pas tomber dans le piège ! Ne commandez pas sans avoir vérifié le sérieux du vendeur. N’hésitez pas non plus à comparer les prix avec d’autres sites.

Depuis le 9 juin 2023, les influenceurs en France ont une responsabilité quand leurs abonnés achètent les produits dont ils font la publicité. Ils doivent communiquer l’identité du fournisseur du produit et s’assurer de la disponibilité du produit et que le produit n’est pas une contrefaçon.

Quelles sont les obligations des influenceurs dans les autres pays européens ?

La Directive 2000/31/CE sur le Commerce Électronique (art. 6) ainsi que la Directive (UE) 2018/1808 «Services de médias audiovisuels» imposent à tous les influenceurs en Europe de mentionner leur partenariat commercial ainsi que la société pour laquelle cette communication est réalisée. Cette obligation d’information et de transparence est applicable dans chaque État membre de l’UE.

Cependant, mis à part le « Guide de bonnes pratiques sur la publicité en ligne » publié par l’OCDE pour protéger les consommateurs dans le commerce électronique et le « Code de communications sur la publicité et le marketing » de la Chambre de commerce internationale (ICC)il n’existe pas, à ce jour, de règlementation européenne sur le marketing d’influence.

En Europe, deux textes ont été votés pour réviser les pratiques commerciales numériques au sein de l’UE et accroître la responsabilité et l’équité en ligne :

  • la loi sur les marchés numériques (« Digital Markets Act« )
  • et la loi sur les services numériques (« Digital Services Act« ).  Selon le Digital Services Act, les influenceurs, en tant que créateurs de contenu, doivent accepter une plus grande responsabilité pour le contenu qu’ils publient en ligne. Ils devront également s’assurer que leur contenu est approprié et non trompeur ou illégal.

Quant aux plateformes en ligne de réseaux sociaux qui hébergent leurs contenus, elles doivent afficher plus de clarté et de transparence sur le fonctionnement des algorithmes qui proposent du contenu. Elles doivent proposer un bouton permettant aux utilisateurs de signaler les contenus illicites publiés par un influenceur, et réagir rapidement suite à un signalement. Enfin, elles sont également obligées de surveiller elles-mêmes les publications et de les supprimer si nécessaire voire de suspendre des comptes.

En 2022, la Commission européenne a ouvert une consultation publique sur les sujets du marketing d’influence et des dark patterns. L’objectif est double : procéder à un bilan pour déterminer si le droit européen sur la consommation est toujours adapté aux enjeux du monde numérique, et jeter les bases d’un règlement sur l’équité numérique. Ce dernier devrait voir le jour dans les prochaines années.

En attendant une harmonisation au niveau européen, les règles varient donc d’un pays à un autre. Tour d’horizon par pays.

Vous êtes contacté pour devenir ambassadeur d’une marque ? Attention !

Le CEC France est régulièrement contacté par des personnes qui se sont vues proposer de devenir « ambassadeurs » d’une marque et d’en faire la promotion sur leurs comptes sur les réseaux sociaux.  Le vendeur qui propose cette collaboration offre généralement au futur ambassadeur en contrepartie un code promotionnel ou un avoir qui lui permet de commander des articles sur son site. Or, après avoir commandé, la personne ne reçoit plus aucune nouvelle du vendeur, ni la livraison de la commande.

Conseils :

Financé par l’Union européenne. Les points de vue et les opinions exprimés n’engagent toutefois que leur(s) auteur(s) et ne reflètent pas nécessairement ceux de l’Union européenne ou du Conseil européen de l’innovation et de l’Agence exécutive pour les petites et moyennes entreprises (EISMEA). Ni l’Union européenne ni l’autorité subventionnaire ne peuvent en être tenues pour responsables.